Lundi 19 janvier 1914

Chère Maman

Pour la plus grande joie des enfants, nous avons de la neige depuis huit jours. L’autre jour nous en avions plus de 30 cm, c’est très joli mais il fait bien froid et nous ne sommes pas habitués ici à avoir des températures si basses. Pendant plusieurs jours les voitures ne circulaient plus dans les rues. Mais à Ligugé vous devez avoir encore pire.

J’ai reçu il y a quelques jours des nouvelles de Louis. Elles étaient de Dakar. Il se porte toujours bien mais trouve son métier de commissaire ennuyeux et absorbant. J’ai vu sur le journal qu’il était passé le 15 à Rio, il est donc maintenant bien près de Buenos Aires. De là je recevrai une dépêche et je l’attend avec impatience. Oncle Jules lui a demandé des renseignements pour le bureau, il profitera de l’occasion pour m’envoyer de ses nouvelles.

Je pense bien, chère Maman, que vous avez reçu ma lettre du 2 ou 3 janvier vous remerciant des colis postaux et vous disant combien ils m’avaient fait plaisir. J’ai toujours peur que mes lettres n’arrivent pas, pourtant la poste ne m’en a pas encore égaré. J’avais aussi écrit à Robert pour la Noël à Ligugé, le croyant alors près de vous.

Chère Maman je vous charge de transmettre toutes mes amitiés à Joseph et Germaine et je vous embrasse affectueusement.

Alice