Vendredi 3 décembre 1915

Chère Maman

Voici l’adresse de Louis que vous me demandez, du 4 au 8 décembre pense-t-il du moins : « Dépôt de la brigade des fusiliers marins – Caserne de la Pépinière. Paris ». Il est très probable, presque certain même, qu’il sera ensuite renvoyé au « 5e dépôt des équipages de la flotte de Toulon ».

Vous êtes bien bonne, je vous remercie des offres que vous me faites, mais je pense bien que nous nous débrouillerons facilement maintenant avec ce que nous avons.

Si par hasard j’avais quelque chose d’imprévu, je vous le dirai bien simplement. Vous avez vu que cet été je ne me suis pas gênée pour le faire.

J’ai eu recours hier à votre obligeance en vous demandant de recommander mon frère Charles, si vous pouviez le faire. Maman était si inquiète de le savoir si loin, et elle craignait surtout qu’il ne parte rapidement pour le front avant qu’elle ait pu le revoir. J’ai vu sur un horaire que s’il était facile de se rendre de La Rochefoucault à Angoulème, c’était bien long pour aller jusqu’à Poitiers, les trains ne concordant pas. Je vous envoie tout de même son adresse. Vous verrez vous-même si vous pouvez faire quelque chose. Charles Giraud – canonnier au 101e d’artillerie lourde – 53 batterie (bis) – La Rochefoucault, Charente.

Si Jacqueline commence à marcher c’est très bien, elle n’est pas en retard. Mon petit cousin Riquet qui était très gros n’a pas marché plus tôt. Je vais écrire à Germaine pour l’en féliciter.

Chère Maman je vous embrasse bien affectueusement.

Alice