Jeudi 30 août 1917

Chère Maman

Vous devez être de retour à Ligugé, je suppose. J’espère que l’air de la mer vous a fait du bien. Comment va la petite famille de Germaine, ils devaient être bien contents de s’amuser au bord de mer.

Avez-vous reçu de nouvelles lettres de Robert ? vous nous avez dit que le n° de son block ou de sa chambre avait changé, mais je ne me souviens plus où il faut mettre un 4. Vous seriez bien aimable de nous envoyer les n° de l’un et de l’autre.

Je vous ai fait expédier mardi dernier, en gare de Ligugé, 54 boîtes de 500 g, un fer à souder, de la soudure et de la résine, avec une notice explicative. Je pense que Françoise trouvera le fer pratique. Il n’y a qu’à l’appliquer sur le couvercle de la boîte dont il a la forme, après avoir mis un peu de résine sur la rainure à souder, et y passer autour une baguette de soudure fine. Le petit trou du milieu se soude après, avec la soudure ordinaire. On en prend très vite l’habitude et une baguette peut arriver à souder 3 boîtes.

Toutes les familles autour de nous qui ont des prisonniers ou des soldats au front l’ont adopté et en sont très contentes.

Je n’ai mis que des boîtes d’1/2 kg parce que ce sont les plus employées et autant que je m’en souviens c’est bien cette dimension que Françoise employait.

Il y en a de même forme d’1/4, de 3/4 et d’1 kilog. Il y en a aussi comme celles que Françoise emploie, ovales à 35° mais elles ne peuvent pas se souder avec le fer que je vous ai envoyé.

Chère Maman, je vous embrasse affectueusement

Alice