Nous avons gardé un cahier ou il tenait la comptabilité des achats et productions de la propriété par exemple :

Dans ces cahiers une foule de remarque sur les dates de semis, les méthodes par exemple semer les oignons blancs le 1° septembre, les jaunes pailles le 1° octobre et les espagnols le 1° février

Quand on achetait les graines pour les semis chez Vilmorin sur la Canebière, en quantité pour plusieurs années on nous demandait si on était maraîcher ! Les fruits étaient nombreux : noisettes, amandes, abricots, cerises, poires, pommes, kakis, figues, raisins, prunes ...Les conserves étaient importantes : concentré de tomates (coulis) conservé dans des bouteilles de bière stérilisées, confiture d'abricots, prunes pâte et gelée de coings et de groseilles ... Les productions du jardin étaient entreposés pour l'hiver : pommes de terre, oignons, fruits, ... et il avait gardé ses habitudes de marin : le riz était acheté par sac de 50 kg, les pâtes par 5 kg, la réserve de sucre, huile, ... était conséquente.

Pendant la guerre il avait fait aussi de la choucroute, élevé chèvre, cochon. Dans cette photo on voit Michel avec un manteau fait avec une peau de chèvre tannée à la maison ! nous disposons de la peau d'une couleuvre qu'il nous avait fait tanner. Nous disposons d'une carte de vendeur de fruits et légumes


Il avait abonné les aînés de ses petits enfants à des revues : Tintin, Spirou, Mickey et chaque année il reliait en deux volumes au dos en cuir les collections annuelles dont malheureusement la plus part ont disparus ... Certains ont appris à lire sur ces revues !


Il disposait aussi de son matériel pour la photographie : on tirait sur papier les négatifs en utilisant la lumière du soleil. Il fabriquait des filets à provisions en utilisant les techniques de fabrication des filets de pêche, des paniers à partir des branches d'osiers et de noisetiers de la propriété.


Il s'occupait de ses petits enfants, il avait entre autre une réserve de tablettes de chocolat (dont on gardait le papier d'argent pour diverses utilisation, notamment représenter l'eau dans la crèche faite chaque année) qui lui permettait de distribuer des bonnes choses, avait toujours de l'argent (le facteur portait encore au début du mois la pension) en cas de besoin et les petits même devenus grands n'hésitaient pas à faire appel à lui en cas de besoin.

Il organisait des activités : séances de tir au pistolet 22 long rifle, utilisation d'un petit canon (à brume ou pour le départ des régates) chargé à la poudre noire qu'il stockait dans une bouteille de verre. Fabrication de filets à provisions,divers travaux de menuiseries ou mécanique, ...

Mais aussi il y avait les travaux dans les champs : arroser les légumes, attacher et tailler les tomates, les épépiner et tourner la manivelle de la machine à coulis les jours de conserve, relever les pièges à campagnols (qui nourrissaient les poules), ramasser les limaçons et les orties que l'on écrasait pour donner aux jeunes canards avec la repasse, ratisser l'herbe que l'on coupait pour entretenir la prairie depuis que les fermiers (ceux qui fabriquaient le fameux caillolais !) ne venaient plus la chercher, surveiller l'arrosage avec la motopompe,

Il fabriquait des jouets : avec une réserve de belles plumes d'oies il faisait des pistolets à pomme de terre : de la hampe creuse il tirait un tube dont une extrémité était plus grosse que l'autre, on piquait cette extrémité dans une tranche de pomme de terre, avec un piston taillé dans une branche on poussait cette rondelle, on repiquait une rondelle, et avec le piston on poussait, la pression éjectait de l'extrémité plus fine la rondelle et on recommençait jusqu'à épuisement des petites pommes de terres de la récolte qui étaient réservés à cet usage..

Un autre jouet était fabriqué à partir d'une belle noix, trouée de deux côtés, on enfonçait un axe surmonté d'une croix, une ficelle s'enroulait autour de l'axe dans la noix et permettait de faire tourner comme les pales d'un hélicoptère.

Nous disposons de la peau d'une couleuvre qu'il nous avait fait tanner.

Le dimanche il avait gardé ses habitudes : il allait à la messe à l'église des Augustins, prés du vieux port à Marseille, en remontant, à la rue longue il s'arrêtait pour acheter un gigot "pas d'un broutard", et les plus vieux se rappellent que certaines fois le gigot était remplacé par des langoustes.


(ref info activités)