Ma chère Maman

Je suis toujours à Toulon à faire la chasse aux mines boches qu’on ne trouve jamais. Il y a environ 15 jours un sous-marin allemand était paraît-il à 1000 mètre de nous et nous n’avons rien vu, il ne nous a pas attaqué. J’étais chef de groupe, si j’avais pu m’en douter tu penses que j’aurais flanqué la drague à l’eau et des coups de canon au boche. Un autre jour des bateaux tiraient des coups de canon sur je sais pas quoi, il paraît que c’en était un autre, mes bateaux allant pas assez vite je pouvais pas aller placer mon mot.

Plus ça va, mieux on est installé en fait de matériel. L’organisation se perfectionne sérieusement. Il est question de me donner un commandement de dragueurs, probablement dans la mer du nord ou la Manche, c’est des bateaux bien plus gros que les nôtres. Ça me plairait assez. Quand je sors c’est toujours avec deux bateaux.

L’amiral est satisfait de mes services, il demande qu’on me laisse ici en attendant ça m’évite d’aller en escadre sur un gros bateau quelconque où on passe 11 mois et 29 jours par an dans les ports.

Je demanderai une permission pour aller à Poitiers. Je sais pas quand. Maintenant je ne peux pas, il n’y a dans mon service que 2 officiers, un lieutenant de Vx et moi. C’est trop peu pour pouvoir s’absenter. Le 3e est en permission.

Alice va toujours bien. En attendant un champ de mines qui n’est pas encore fabriqué peut-être.

Je t’embrasse

Ton fils dévoué

Louis